Vertige  (imaginer la maladie de Ménière)


Tout a commencé pour moi une nuit de 2013, sans prévenir. La maladie de Ménière est une maladie chronique invalidante, caractérisée par une perte irréversible de l'audition, des acouphènes, des crises de vertige qui peuvent vous jeter au sol, et de multiples manifestations secondaires physiques et cognitives d'intensité variable. Le vertige peut survenir en série, déclenchée par de nombreux facteurs (lumière, bruit, chaleur etc.). Leur imprévisibilité, et le fait que même les environnements familiers deviennent agressifs génèrent une anxiété récurrente et imposent des changements radicaux dans le mode de vie. L'anxiété est amplifiée par l'absence de perspectives, car il n'y a pas de remède connu ou efficace, et par le fait que personne ne comprend vraiment ce qui se passe pour vous. La dépression, l'isolement social et un sentiment élevé de solitude en sont des conséquences courantes. La violence et l'absurdité se déplacent du terrain existentiel vers celui de l’intime.
La vue joue un rôle important dans la maladie, car de nombreuses sensations sont avant tout visuelles : des variations du champ de vision et une perte de focus qui désorientent, le sentiment d’une agression visuelle lors du vertige,  puis d’une lutte, avec la tentative de retrouver l’équilibre et le contrôle de soi, par le biais des images perçues et transmises au cerveau, organe stabilisateur. Seuls le noir absolu et le silence apaisent.
Dans cette série, je tente de retrouver ce que je perçois pour le partager, et peut-etre y donner un sens.
l





Je
Cogné à la face du miroir
Broyé par la fulgurance du temps
Disparu






Il s’est passé quelque chose
Où, quand, comment ?
Il s’est passé quelque chose
On ne sait le décrire
On ne sait le relire
Quelque chose
Une        ?

On a perdu la mémoire
Chaos de silence
Peut-être juste      ?

Peut-être     ?

Hier demain







Sur le trottoir
Mes rides pour seuls crocs
Chaque pas est un poignard
Chaque refus un aveu
Les rires m’isolent
J’attends…






Je suis sourd
Et j’essaye d’écouter la vie
Elle hurle trop fort
Probablement
Pour que je l’entende vraiment







En exil au milieu de moi-même
Assis sur la lame du temps
La nuit envahit mes poumons
L’oubli m’a adopté
La mort m’a oublié














Passages